Il est bien connu que le Surmulot (Rattus norvegicus) est difficile à empoisonner. Ceci est dû à une combinaison de traits comportementaux et de caractéristiques physiologiques dont l’étude, en plus de son intérêt appliqué, présente un intérêt certain en écologie du comportement et en écologie génétique. L’aptitude des rats à détecter et éviter des substances empoisonnées a entraîné le développement de poisons tel que l’anticoagulant Warfarine dont le mode d’action déjoue les défenses comportementales du Surmulot. L’évolution ultérieure d’une résistance physiologique à cette Warfarine constitue un des meilleurs exemples de sélection naturelle en action. Malgré son avantage sélectif évident pour les individus qui en bénéficient, la résistance à la Warfarine peut cependant avoir des désavantages : les individus résistants peuvent souffrir d’une carence en vitamine K, d’un taux de croissance réduit, et d’une viabilité moindre. Dans un environnement où le raticide n’est pas utilisé, ces «coûts » entraînent une fitness réduite des génotypes résistants et peuvent ralentir la progression de la résistance. Il pourrait cependant exister un nouveau développement dans cette « course aux armements » entre l’Homme et le Surmulot. Des études récentes suggèrent l’existence d’une forme de résistance peu coûteuse et susceptible de conférer un avantage sélectif aux individus résistants, même en l’absence de poison.
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