Alors que le terme « ghetto » est de plus en plus couramment employé pour désigner les quartiers urbains en déclin considérés comme socialement, économiquement appauvris et/ou ethniquement ségrégés, qu’en est-il du sens sociologique de ce terme ? Dans une démarche qui n’est pas sans rappeler celle des pères fondateurs de la sociologie – la « lutte contre les prénotions » chère à Émile Durkheim et la méthode de l’idéaltype énoncée par Max Weber –, Loïc Wacquant montre que le ghetto comme concept sociologique n’est pas simple synonyme de pauvreté, de ségrégation et de regroupement ethnique. Il désigne une logique structurale et fonctionnelle visant à minimiser les contacts avec une population stigmatisée tout en maximisant les profits matériels qu’elle génère, logique qui produit une institution de fermeture et de contrôle mais aussi un espace de protection et d’intégration. Caractérisé sociologiquement, le ghetto est aux antipodes de la réalité française des très médiatiques « quartiers sensibles ».
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