Résumé Cet article part de la description ethnographique d’une artère fantomatique du ghetto noir de Chicago à la fin du siècle pour réfléchir sur les connexions entre le cadre urbain, la structure sociale et la psychologie collective. Il pointe la nécessité d’élaborer théoriquement et empiriquement les relations entre désolation urbaine et dénigrement symbolique dans les quartiers de relégation des métropoles polarisées des sociétés avancées, afin de saisir comment l’expérience quotidienne de la déliquescence matérielle, de l’enfermement ethnoracial et de la marginalité socio-économique se traduit par la corrosion du soi, le limage des liens interpersonnels, et la torsion des politiques publiques impulsée par les perceptions sulfureuses attachées à ces lieux diffamés.
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